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amiante: Suite procès pénal Turin

Amiante au pénal

Italie : seize ans de prison dans le procès de l'amiante


Le président du tribunal de Turin, Giuseppe Casalbore, durant la lecture de la sentence, lundi 13 février.AFP/GIUSEPPE CACACE
Le tribunal de Turin a condamné, lundi 13 février, à seize ans de prison, les deux accusés du procès du drame italien de l'amiante, le plus grand jamais organisé sur la "fibre tueuse".
L'ex-propriétaire du groupe suisse Eternit, Stephan Schmidheiny, et le baron belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne, ex-administrateur d'Eternit Italie, jugés par contumace, ont été considérés responsables de la mort de près de trois mille personnes en Italie : des ouvriers ou des habitants des villes où Eternit Italie avait des usines.
Le groupe de M. Schmidheiny, un milliardaire suisse de 65 ans classé dans le top 400 des fortunes mondiales, qui vit au Costa Rica, a été un important actionnaire d'Eternit-Italie de 1976 à 1986. M. Cartier de Marchienne, 90 ans, a été actionnaire minoritaire et administrateur d'Eternit-Italie au début des années 1970.
Les deux hommes ont aussi été condamnés à verser plusieurs dizaines de millions d'euros aux diverses parties civiles. Au total, six mille personnes, en majorité des victimes ou des proches de victimes mortes, réclamaient un dédommagement.
"UNE CATASTROPHE SANITAIRE ET ENVIRONNEMENTALE PERMANENTE"
"Le problème maintenant est de voir si les condamnés feront face à leurs obligations, car nous n'en sommes pas sûrs", a commenté un des avocats des parties civiles, Sergio Bonetto. Les accusés pourront en effet faire appel, procédure qui peut durer plusieurs années, et aller jusqu'en cassation, ce qui pourrait repousser à très loin un jugement définitif.
Le parquet avait requis vingt ans de prison contre les deux hommes, accusés d'avoir provoqué "une catastrophe sanitaire et environnementale permanente" et enfreint la sécurité au travail, dans un procès qui a nécessité cinq ans d'enquête préalable et trois ans d'audiences, à partir de décembre 2009. La défense rejetait ces accusations en bloc, affirmant que les deux hommes n'avaient pas de responsabilité directe dans la gestion de la société italienne, qui a fait faillite en 1986, soit six ans avant l'interdiction de l'amiante dans la péninsule.
Des centaines de proches des victimes s'étaient rendues à Turin, ainsi que des membres d'associations de victimes de l'amiante d'autres pays, notamment de France.
Pour ces victimes, qui réclament l'organisation de procès similaires au pénal dans leurs pays respectifs, le procès Eternit de Turin est une lueur d'espoir.
"IMPUISSANCE" DE LA JUSTICE FRANÇAISE
L'avocat français Jean-Paul Teissonnière a annoncé qu'il demanderait aux "autorités judiciaires en France d'en tirer les conséquences : pourquoi ce qui est possible en Italie n'est pas possible en France ?" demandait-il lundi. "En France, les plaintes ont été déposées en 1996", a-t-il rappelé, dénonçant l'"impuissance" et une "paralysie [de la justice] devant les puissances économiques", c'est-à-dire les anciens producteurs d'amiante.
L'amiante a été utilisé massivement en particulier dans le secteur de la construction (amiante-ciment) en raison notamment de sa résistance à la chaleur et au feu, jusqu'à son interdiction dans de nombreux pays.
Le pic de production a été atteint dans la seconde moitié des années 1970, avec plus de 5 millions de tonnes annuelles. Selon un rapport de l'OMS datant de 2007, environ 125 millions de travailleurs sont exposés à l'amiante sur leur lieu de travail et au moins quatre-vingt-dix mille personnes meurent chaque année de maladies liées à l'amiante.
le 14-02-2012 d'après AFP

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