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lettre 9 mars 2007

DCNS > lettres au PDG de DCNS

Lettre au PDG de DCNS Jean Marie POINBOEUF
 
            
Cette lettre au PDG a reçu pour toute réponse un courrier de DRH/GAP en date du 30 Mars , bien en deçà de ce que nous aurions été en droit d'attendre.
 
  
           
      J'AI HONTE DE DCN ET C'EST PEU DE LE DIRE 
  
   
Brest le 9 mars 2007
 
Porée Philippe
En départ anticipé amiante depuis Novembre 2006
50 rue Alexandre Trauner
29200 Brest 
           
à
 
Monsieur Poimboeuf
PDG de DCN
2, rue Sextius Michel
75732 Paris cedex15
 
                                  Monsieur le Président,
   
Je me permets de vous envoyer directement ce courrier car à ce jour, je n’existe plus pour DCN et je n’y ais plus d’interlocuteur officiel.
           Partie en cessation anticipée d’activité au titre de l’exposition à l’amiante, j’ai été rayé des listes de DCN et du ministère. Monsieur le président il y a un élément que l’on ne peut pas rayer, c’est l’individu, avec sa sensibilité, sa fragilité, son désarroi, sa personnalité, parfois sa maladie, son handicap, son histoire, sa mémoire. Et pour ceux qui ont disparu d’une maladie due à l’amiante, il reste leur époux ou épouse, leurs enfants, avec leur peine, leur douleur.
           Vous avez compris, monsieur le président que cette lettre à pour but d’attirer votre attention sur l’absence totale de statut pour les personnels admis au bénéfice de l’allocation spécifique de cessation anticipé d’activité et ayant effectué leur carrière à DCN.  Il existe bien sur les textes applicables au personnel de la défense sur les conditions de départ et sur le calcul de l’allocation amiante mais rien sur l’après départ.
           Je me permets de vous faire part d’un extrait d’un courrier que j’ai envoyé le jour de mon départ à mes collègues du centre système de combat de DCN Brest :
"  De mon entrée aux apprentis en 1972 à mon départ ce jour, je dois beaucoup à cette entreprise qui de DCAN a pris le non de DCN. Un départ au plus haut niveau de la classification ouvrière, souvenir lointain d’une promotion sociale qui aujourd’hui est réduite à peau de chagrin. L’image que je garderais du personnel que j’ai côtoyé à DCN est une image de compétences, de conscience professionnelle, de relations humaines très fortes, de solidarité, mais également de discussions vives, de volonté d’avancer, de progresser, une forte identité d’entreprise………………………………..De colloques en séminaires, de visios conférences en réunions, de procédures compliquées en procédures de plus en plus compliquées , la place de l’individu au sein de l’entreprise à été aujourd’hui oubliée. "
 
DCN est ce qu’elle est grâce à l’ensemble de ses personnels d’hier et d’aujourd’hui. Je revendique donc pour les salariés qui bénéficient de l’allocation amiante d’une place a part entière dans l’entreprise jusqu’à leur admission à la retraite. Il suffit de les considérer comme des actifs et une simple ligne à ajouter  dans la convention collective :
 " Les salariés qui bénéficient de l’allocation amiante restent actifs de la société".
 Les avantages acquis par les salariés de la société au titre des années postérieurs au départ du salarié tel que l’intéressement et la participation sont bien sur réservés à ceux qui font au jour le jour fonctionner DCN, mais à mon sens, les prestations des CE, les prestations mutuelles, les assistantes sociales  …… doivent bénéficier aux personnes qui sont actuellement en cessation d’activité amiante.
Il en est de même de la médecine du travail de chaque établissement qui doit rester le seul lien entre l’individu et les systèmes de contrôles prévus par la réglementation, et ce pour une approche humaine des situations individuelles. Je ne voudrais pas faire de ce courrier un cahier revendicatif rébarbatif et inopérant, c’est pourquoi je vous demande, monsieur le président, la mise en place d’une commission sur ce sujet, avec un cadre de réflexion fixant un objectif et un calendrier. Le législateur vient de reconnaître le caractère actif de notre situation en nous ouvrant le droit de départ à la retraite au titre des carrières longues. Il serait pour le moins décevant que vous soyez en deçà de cette position.
 Cette démarche que je fais en votre direction peut paraître utopique et pourtant je suis sur que quelque soit votre décision, elle vous aura ouvert les yeux sur notre situation et touché l’humanité qui est en vous.
 
           Dans l’attente d’une réponse de votre part, recevez, Monsieur le Président, l’expression de mes meilleurs sentiments.
 
 
                                                                                            P.Porée


 
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